Bélize,Cuba le retour et Caïmans/By Pascal

Bélize,Cuba le retour et Caïmans/By Pascal




Des news...enfin!!
Reconnaisons que nous avons été un peu feignants ces derniers mois,du moins vis à vis du blog.
Pour notre excuse:Cuba n'est pas l'endroit idéal pour aller sur le net.
Flash back: nous sommes le 30 Novembre et après 6 mois dans leRio Dulce,Révad retrouve l'eau salée en douceur,nous quittons Livingston,tirons 3 bords et mouillons derrière Cabo Tres Puntas.
Le lendemain nous mettons le cap sur le Bélize,premier mouillage à West Snake cay,plutôt sympa jusqu'au moment où deux lanchas pleine de "djeuns" débarquent pic-nic et  sono à fond:ok,on vous laisse la place..nous passerons la nuit à l'abri de Icakos island.


Au matin,nous voulons nous entrainer à naviguer au milieu du corail et décidons d'aller mouiller à No Name Bay: mer calme,soleil dans le dos,nous suivons les recommandations  du guide nautique pour franchir la passe,3 mètres de fond,Révad avançe au ralenti et puis Boum,on tape,donc arrière toute, alors que le fond est remonté brutalement aux alentours d'un mètre et que l'hélice soulève un nuage de sable.
On recontrole notre position,normalement on est bon ,nous tentons un second essai ,rien à faire ça passe pas,un peu refroidis par les histoires de bateaux ayant pris de grosses amendes pour avoir abimé les fonds coraliens nous laissons tomber et allons mouiller à Palmito cay.


Le lendemain cap sur Placencia island où nous devons faire l'entrée officielle au Bélize.
Le moins que l'on puisse dire c'est que le Bélize est bien différent du Guatemala pourtant si proche.
Placencia est une ile dédiée aux touristes,essentiellement des américains.On  ne peut  pas dire que l'ambiance ne soit pas sympa,mais le genre surfer bronzé hyper tatoué ou buveur de bierre à la brioche proéminente parlant fort ,ne représente pour nous que peu d'intéret.
Nous irons faire les formalités d'entrée et nous nous retrouverons face à des fonctionnaires irascibles qui nous menaceront d'une amende pour n'être pas venus les voir dans l'heure suivant notre arrivée, et bien sur le gars de l'immigration nous taxe de 50 dollars US et refuse de nous faire un reçu.. on rajoute 50 US pour la douane et 25 US de cruising permit pour 15 jours (ces deux derniers paiements avec reçu..) sachant que huit réserves marines se partagent les mouillages les plus sympas et qui dit réserves dit surtaxe de 5 US par jour ,vous comprendrez vite que le Bélize, si l'on veut y rester quelques temps, soit réservé à une catégorie de navigateurs aux budgets différents du notre.
Hey man, arrêtes de râler, t'es quand même à l'intérieur de la deuxième plus grande  barrière de corail du monde(vainqueur: l'Australie)
Ah bon, c'est pour ça!! ok, allons voir..
Bof, bof, et rebof, tous les gens que l'on rencontre à qui l'on dit ça, ouvrent de grands yeux et ont l'air surpris: ça vous a pas plu?
Ben non: peut être à cause de la météo assez changeante en ce début décembre, qui nous a souvent obligé à trouver des mouillages abrités des vents d'ouest(ce qui est rarement le cas des mouillages sur les ilots "paradisiaques" de la barrière de corail).A savoir également que le balisage est inexistant, de temps en temps un vague bout de bois indique le chenal. On navigue souvent pendant des miles dans 2 à 2,5 mètres d'eau, et même avec nos 1 mètre de tirant d'eau dérive rentrée nous avons souvent serré les fesses et je rajouterai que  les langoustes sont bien moins grosses et abondantes qu'à Cuba..


Le 18 Décembre nous sommes à Ambergris cay,notre cruising permit se termine et une fenètre méteo pas trop mauvaise s'entrouvre pour rallier Cuba .
Donc retour chez les autorités,bien décidés à éxiger un reçu pour toutes sommes versées. Avec nous il y a les copains du "Raphoros" qui eux, lors de leur entrée à Punta Gorda sont tombés sur un fonctionnaire qui n'a pas exigé les 50 $US pour l'immigration
Corruption chez les fonctionnaires de l'immigration du Bélize?? Ou bien  devons nous  leurs verser des "étrennes"à l'approche de Noel?Car c'est de nouveau 50 $US que l'on nous demande et bien sùr sans reçu..
On veut faire les fortiches et l'on éxige ce put... de reçu.Le ton monte dans le burreau ,mais nous ne voulons pas nous avouez vaincus.
le fonctionnaire commence à s'énerver et va chercher son chef qui nous menace de garder  nos passeports et de nous les amener aux bateaux juste avant le départ .
Cout final:50 $US plus 30 $US de frais de déplaçement jusqu'au bateau.
Bon,ok,pour les 50 $US !!!
Le 19 décembre:bye-bye Bélize,pour nous tu es bien loin du top five de nos escales préférées.
On se doutait un peu que la remontée sur Cuba ne serait pas une partie de plaisir : nous confirmons: les 3 premiers jours le vent de SE nous permet de faire le bon cap, au petit largue ,pour rejoindre Cayo Largo,ou nous avons prévu de faire notre entrée sur le sol Cubain.Mais le père Eole décide que le Sud Est ça suffit et nous balançe un bon Nord Est à 25 noeuds,et l'on se retrouve au près sérré dans une mer qui se creuse.
En ligne droite Cayo Largo est à 70 miles,à peu près 130 kms,une heure en voiture sur l'autoroute.Nous avançons péniblement à 5 noeuds(8kms/h) et il faut tirer des bords ça rallonge de deux fois la distance,de trois fois le temps et de quatre fois la peine!!
Ré'vad fait ce qu'il peut,sous deux ris et trinquette,de temps en temps une vague plus grosse que les autres le plante et le loch dégringole à 3 noeuds et notre moral aussi.Ré'vad fait la gueule:   hey guys ,j'suis un voilier de voyage,avec vos vtt,pirogue,bouquins que je dois me coltiner faudrait pas penser que je vais sérrer le vent comme le Chançe 37 du cousin Jean(c'était l'été dernier en Bretagne).Ok message reçu,bon si on abat un peu on va où? Isla de la Juventud,c'est parti..
Bon,Isla de la juventud ça rallonge un peu,mais après on pourra gagner Cayo Largo par l'intérieur dela barrière de corail,donc protégé de la houle.Nous y arrivons le 24 décembre,et notre cadeau de noel sera de passer une nuit tranquille dans un mouillage bien abrité.. En fait c'était la bonne solution ,que nous conseillons , car une fois derrière la barrière ça devient un régal de faire du près sur une mer beaucoup plus sympa.
Tous les matins nous partons vers 7h,naviguons jusqu'à 15,16,17h en suivant le guide de Franck Virgintino(téléchargeable gratuitement sur le net) et le 29 Décembre nous arrivons à Cayo Largo.



Cayo Largo est une ile dédiée au tourisme : une marina ,un petit aéroport et quelques  hôtels qui se partagent une plage sans fin(Fidel aurait découvert ce cayo désert suite à une panne d'hélicoptère).Les cubains quel'on croise ici,viennent tous del'ile de la Juventud et travaillent tous pour le gouvernement : un mois à Cayo Largo puis un mois chez eux,ou les attend surement un autre job.
Le 31 nous prenons une plaçe à la marina,histoire de faire un peu la bamboula pour le nouvel an.
Autour de nous ,des catas de charter font la fête entre eux et ne quittent pas leur cokpit,c'est guère mieux au  bar de la marina ou deux guitaristes essaient  de mettre un peu d'ambiance.Nous nous éloignons du front de mer et nous laissant guider par quelques notes de salsa,nous trouvons une fête sympa  :  des cubains ,tous salariés de la marina, ont installé barbecue,glacières et sono.Le premier qui nous aperçoit nous fait signe de  venir et nous met d'entrée une bierre entre les mains et une assiette de poisson grillé.Nous repartirons vers une heure du matin un peu titubant...
Le 3 janvier nous repartons de Cayo Largo pour un stop langoustes à cayo Sal et le 4 nous mouillons devant la marina de Cienfuegos : mission accomplie car nous devions ètre là avant le 7 janvier pour accueillir  Patrick et Dom,les copains suisses.
Nous laissons Rév'ad au mouillage et rejoignons La Havane dans un taxi collectif  dernière génération et quasi neuf : une 405 Peugeot (prononçer"péougéote").






La Havane et surtout Havana Vieja est bien comme le décrit le routard avec son patrimoine unique d'architecture coloniale: gracieuses arcades, balcons ouvragés , patios andalous  mais aussi vieux immeubles aux murs craquelés et décrépis,palais lézardés,demeures ouvertes à tous vents aux balcons rongés par l'humiditée proche de l'éffondrement.
Impression étrange de se retrouver dans un vieux film hollywoodien des années 60  au milieu des Buicks,Cadillac et autres Chevrolets conduites par des cubains à l'air patibulaires coiffés de l'éternel panama..   
                                                           


Nous retrouvons les copains suisses qui ont loué une voiture et nous partons  passer quelques jours à Vinales .La route serpente à travers une vallée verdoyante hérissée de "Mogotes":pains de sucre calcaires formant la toile de fond du paysage. Dame Nature s'épanouit ici, les petites maisons traditionnelles de couleurs joyeuses, les charrues à bœufs, les attelages à cheval ,les plantations de tabac alternent avec les cultures maraîchères et les champs de cannes. C'est là que nous rencontrerons, lors d'une rando ,notre Papy philosophe : 79 ans, sec comme un coup de trique et toujours derrière ses bœufs à labourer son champ .Dans la poche droite de sa vielle veste les 3 ou 4 cigares nécessaires à sa journée de travail: il fume depuis qu'il a 10 ans.. conscient de la place importante qu'il tient dans la société, c'est bien lui qui nourrit le médecin qui le soigne  quand il doit aller à l’hôpital.











Nous poserons nos sacs à la casa particular El Cafetal ou la charmante Marta(prof d'histoire à la retraite) nous régalera de ses petits déjeuners pantagruéliques. Nous reprenons  la  route direction Cienfuegos ou nous retrouvons Ré'vad qui tournicote autour de son ancre . Le vent qui passe au nord nous offrira une superbe journée de voile jusqu'à Casilda et une daurade coryphène de 15 kgs.

Après les Suisses, les copains Tarnais  Jim et Denis sont venus faire une cure de langoustes, malgré l'abondance nous ne sommes pas arrivés à leur faire dire : ya pas autre chose à manger?


Casilda sera notre camp de base pendant plus d'un mois.Nous sommes à 20mn en taxi de Trinidad ou nous irons plusieurs fois nous perdre dans ses vielles rues au pavé inégal,bordées de maisons coloniales.

Nous ferons une chouette balade à cheval dans le parc naturel "El Cubano",au retour nous sommes cette fois dans un film de Sergio Leonne : telle la bande de bandidos nous rentrons dans Trinidad ,les sabots des chevaux claquent sur les pavés ,les cubains qui prennent le frais sur le pas de leurs portes nous regardent passer d'un œil soupçonneux..(là j'exagère un peu, mais c'est pour l'ambiance!!) C'est ensuite l'heure du  Mojito à la taberna La Botija ou un trio : violon, clavier, perçu met le feux tous les soirs, le patron est le premier à monter sur les tables pour danser!


 A force de tournicoter autour des multiples ilots nous sélectionnons les meilleurs spots: là les lambis, là les langoustes ,là les poissons : la vie est belle.









Bien sur pour avoir accès à ces petits coins de paradis il faut passer par la case "formalités".
Quand on arrive à Casilda il faut bien évidemment faire tamponner le despacho,le fonctionnaire qui vient du port de pèche met entre 20mn et deux heures pour arriver..A chaque fois que l'on part pour la journée ou pour quelques jours dans les cayos il faut faire un despacho intermédiaire et ressortir passeports et papier du bateau.Beaucoup de navigateurs craquent et ne supportent plus ce controle permanent peut étre guarant du peu de nombre de voiliers rencontrés..Contrairement au Bélize,nous avons toujours trouvé les autorités très serviables,voire désolées de nous infliger toute cette paperasserie
.

Nous sommes fin Février notre visa se termine,nous repassons par Cayo Largo avant de mettre le cap sur les Iles Caymans et le Guatemala ou Ré'vad repassera la prochaine saison cyclonique.
nous projetons une virée sac à dos au Pérou et Bolivie en Avril/Mai,mais ceci est une autre histoire..

A+


P.


Infos pratiques sur Bélize,Cuba,Caymans
pour naviguer au Bélize Le Guide incontournable est le Freia/Raucher,qui date un peu et qui est donc avare en way-point.Par contre tous les mouillages sont bien décrits avec un dessin à l'appui(sauf peut  étre celui de No-Name bay...)voir plus haut pour les formalités,les moins gourmands semblent ètre les fonctionnaires de Punta Gorda,aux dernières nouvelles pour aller dans la réserve marine des Sapodillas il faut payer 10US par jour et par personne,en plus de tout le reste!!.Vraiment très peu de balises au Bélize(mais ou donc passe  le pognon taxé aux voiliers de passage?),nous naviguions avec Open-cp et Navionics,lorsque vous mouillez,plongez de suite pour vérifier que votre ancre et votre chaine sont loins de toutes patates de corail:les rangers et les coast guards risquent de vérifier..
pour naviguer à Cuba le guide de Franck Virgintino téléchargeable gratuitement est déjà bien,vérifiez quand mème les way-points,celui de l'entrée du mouillage nord de Machos de Fuera fait passer sur une grosse patate..Nous avions demandé nos cartes touristiques l'été dernier en France:25US chacun,si vous là prenez à Cuba :75US . A Cayo Largo nous n'avons rien payé pour le bateau et la jeune douanière n'a pas daigné monter sur le bateau, elle nous a par contre laissé entendre qu'elle pourrait accorder  un troisième mois de visa aux Français .La prolongation du deuxième mois ,nous l'avons faite à l'immigration de Trinidad : avant d'y aller ,pensez à acheter à la Banco de Credito y Comercio un timbre de 25CUC  . A la marina de Casilda un changement d'équipage coute 5CUC par personne, à Cienfuegos 25 CUC. Par contre les prix sont identiques pour une place à quai(0.65CUC/pied) ou au mouillage(0.30CUC/Pied).Malgré la réticence de la Capitaine du port de Cienfuegos à nous autoriser à laisser le bateau seul au mouillage pendant une semaine(elle insiste pour une place en marina),nous n'avons eu aucun problème :surveillez quand même la météo ,qu'un gros front froid ne soit pas prévu, le mouillage n'est pas protégé des vents de secteur Ouest. Les fronts froids ou northern (dépression venant des USA),on s'en faisait une montagne...en fait la cote sud est bien moins affectée que la nord, une seule fois(prévenu par le skipper d'un gros cata à touristes) nous sommes revenus à la marina de Casilda pour nous mettre à l'abri .J'oubliais : Faire un bon approvisionnement avant d'arriver à Cuba, les supermarchés sont souvent au régime" sec",il faut en faire plusieurs pour finir de cocher la liste..
Aux Iles Caymans du moins à Gran Cayman),les formalités sont gratuites, les bouées sont gratuites, la wifi (dans les grands centres commerciaux) est gratuite. Tout le reste est très, très cher, surtout au supermarché Kirk, qui déborde de toutes les "bonnes" choses dont vous avez été privés à Cuba : surchauffe de la carte bleue garantie. Il y avait trop de houle pour renter dans le lagon et nous sommes restés sur notre bouée devant Georgetown. autour de tous les spots de plongée ,plusieurs bouées sont à disposition sur lesquelles on ne nous a jamais empêché de passer la nuit. Plusieurs spots sont dans quelques mètres d'eau et c'est déjà un bonheur en snorkeling  .Vu la clarté de l'eau, même l'épave du Kitteewak (ancien navire de guerre américain coulé exprès dans 15 mètres d'eau) est bien visible depuis la surface.

Lorraine   >(((°>

Beau comme un chicken bus /nov 2018/ By Pascal..

Beau comme un chicken bus /nov 2018/ By Pascal.. 





Au Guatémala, comme dans tous les pays ou le niveau de vie ne permet pas à chaque famille de posséder son propre véhicule, le bus est la seule façon de se déplacer.
Sur les grandes lignes roulent des bus "pullman"avec air conditionné ,wc qui ne fonctionne plus et projection de films.
Dés que l'on quitte le réseau principal ,la seule solution pour continuer à voyager est le chicken bus.
Je ne parlerai pas du bus spécial touristes, en général trois fois plus cher et bien sur plein de touristes..
Qu'est ce qu'un chicken bus:
C'est  un bus scolaire américain ,qui après une dizaine d'années et 150 000 miles de bons et loyaux services chez l'oncle sam va s'offrir une seconde jeunesse dans les pays d’Amérique centrale.
Acheté aux enchères (aux alentours de 2000 $) le bus est ramené au Guatemala et passe dans les mains des mécaniciens, carrossiers et peintres.
Au programme: moteur plus puissant ,boite six vitesses, porte bagages sur le toit, panneau d'affichage des destinations, peinture fraîche ,lecteur CD, chromes, très gros klaxon(très important..) spoiler,
décalcomanies.



Les chauffeurs ajoutent ensuite à l'intérieur leurs touches personnelles:
objet religieux, peluches, guirlande électrique autour du tableau de bord, décalcomanies à la gloire du roi des rois.


Le bus est fin prêt pour avaler les kms, 14h par jour,7 jours /7.
Le capitaine c'est le chauffeur qui est plutôt un pilote!! l'équipage est constitué du crieur, en permanence agrippé à la portière toujours ouverte .
Comme son nom l'indique, l'homme crie à longueur de journée la destination finale dés qu'une personne sur le bas-coté parait être un client potentiel,  il dirige aussi le pilote lors des manœuvres et actionne le klaxon: Au Guatemala le klaxon est un véritable outil de communication dont nous n'avons pas encore compris toutes les subtilités!!
Parfois un deuxième équipier s'occupe de caler les bagages sur le toit du bus ,de faire payer les nouveaux arrivants.et de gérer l'entassement de ces nouveaux arrivants dans l'allée centrale lorsque toutes les places assises sont occupées.
Le capitaine et son équipage sont payés pour disons 5 aller retour entre la ville Y et le village X,   à partir du sixième tout le bénéfice est pour eux: donc on ne traîne pas en route!!
Pourquoi chicken bus?  pas mal de volailles voyagent avec leurs propriétaires et l'on est parfois aussi serré que dans un élevage de poules.
Vous êtes prêt? Alors en route :
Nous sommes à San Pedro, au bord du lac Atitlan et nous montons dans le chicken bus qui va nous emmener à Quetzaltenango.
La route étroite grimpe en lacets serrés pendant des kilomètres, le pilote accroché à son volant accompagne son geste en se penchant comme en moto, il enchaine rétrogradage et accélération. Certaines vitesses ont du mal à passer: double débrayage et craquements de protestation de la boite!
Le crieur est suspendu à la cordelette actionnant le klaxon ,la pente est forte, pas question de trop couper les gaz dans les épingles ,comme sur un circuit on prend l'intérieur pour sortir pleine gauche au ras de la falaise ou pleine droite au ras du ravin.
Et si quelqu'un arrive en façe?
Normalement avec le klaxon bloqué...et puis au dessus du pilote l'autocollant" Jésus es mi piloto" nous rassure un peu.
A la sortie du dixième virage ,on se retrouve ,évidemment face à face avec un pick-up, le gars n'hésite pas et nous croise à droite à l'intérieur du virage!!
La montée n'en finit pas, le moteur doit commencer à chauffer, sur un signe du pilote le crieur verse de l'eau dans une sorte de petit lavabo directement relié au circuit de refroidissement (j'avais remarqué le "petit lavabo"et le seau plein d'eau pensant que c'était pour se laver les mains!!)


Ouf ,nous sommes arrivés au col, mais la descente s'avère aussi périlleuse, le pilote passe souvent au point mort (pour économiser du fuel?),si le bus est rutilant à priori les freins sont en bon état..et puis" Jésus es mi piloto"..
Nous arriverons à destination après 4h de trajet pour un parcours de 70 kms.
3 jours plus tard nous partons de Quetzaltenango pour rejoindre Huehuetenango, plus de places assises, on se sert donc à trois par banquette prévue pour deux: une fesse sur la banquette l'autre dans le vide (les familles Maya arrivent à tenir à 5 par banquette :papa , maman et 3 enfants)
Nous sommes partis depuis un bon quart d'heure, la route est large ,on doit faire du 90 kms/h, soudain la porte arrière s'ouvre et un gars bondit à l'intérieur, bon c'est juste le troisième équipier qui une fois terminé l'arrimage des bagages sur le toit rejoint l'intérieur du bus.




Les heures passent, la plupart des passagers somnolent dont mon voisin qui présente un léger surpoids et qui me pousse inexorablement vers le bout de la banquette: je n'ai plus qu'un quart de fesse assise,vaincu je me lève et finirais le reste du voyage debout.
Tout à coup le bus ralenti puis s'arrête en rase campagne ,le pilote et le crieur discutent avec force gestes.
Le crieur se retourne vers les passagers et nous explique que suite à des manifestations anti-corruption, la route est bloquée à quelques kms de Huehuetenango.
La solution: faire un détour par la piste pour éviter le barrage,  cela va rallonger le trajet de plus d'une heure et il va falloir mettre la main à la poche pour payer le supplément .
Un vote à main levée est rapidement organisé, à la majorité :direction la piste.
Vous avez déjà vu :les routes de l'extrême? ben, là on y est...
La piste n'est pas trop défoncée mais pas bien large et nous ne sommes pas les seuls à avoir la même idée.
On se retrouve donc plusieurs fois face à face avec un autre bus ou un camion ,nous sommes montant et le ravin est de notre coté..
Les deux équipiers descendent et guident le pilote: ça passe au millimètre, on évite de regarder à droite, nous sommes les seuls à paraitre un peu inquiet ,la majorité continue sa sieste!
Quand enfin on retrouve le goudron, j'ai envie d'applaudir comme cela se fait parfois dans les avions.
Notre pilote en a certainement plus bavé que son confrère qui pose son airbus bardé d'électronique.
A l'arrivée nous irons dire merci à notre pilote qui parait surpris, pour lui tout cela est dans l'ordre des choses.
Notre longue escale au Guatemala se termine bientot ,demain nous redescendrons le Rio Dulce pour retrouver l'eau salée.
le Guatemala est dans le groupe de tète de nos meilleures escales: paysages magnifiques et si variés, autochtones accueillants et si patients face aux aléas de leur vie.
Prenons en de la graine, nous qui en France ne supportons pas que le train puisse avoir vingt minutes de retard ou de faire la queue dix minutes au guichet de la poste..
Allez Ré'vad ,finies les vacances et en route pour de nouvelles aventures drôles et cocasses...

Pascal >((((°>


La sierra de los Cuchumatanes: Au pays des Mayas Mam

La sierra de los Cuchumatanes: Au pays des Mayas Mam



Préparation de danse au son du marimba à la Ventoza
voir vidéo à la fin 

Guatémala: presque 15 Millions d'habitants dont 54% vit sous le seuil de pauvreté 
répartition ethnique et linguistique : 
On dénombre 4 grands groupes et 25 langues dont 21 sont parlées par les mayas

- 59% sont Ladinos (métis mayas-européens) parlent essentiellement le castillan
- 40% sont Mayas (22 langues + une 30aine de dialectes
- < de 1% sont afro guatémalteques ( Garifunas :issus des esclaves africains naufragés et recueillis sur ces terres et qui se sont mélangés aux indiens caraïbes) principalement à Livingston cote atlantique.
- 0,14% sont Xinkas parlent une langue aux origines encore incertaines

La culture et les traditions mayas sont bien plus prégnantes en pays montagneux,qu'en zones urbaines.Dans les Cuchumatanes, l'espagnol est la deuxieme langue.
Il nous est arrivé avec des personnes agées à Todos santos de ne communiquer que par gestes car notre espagnol (moyen et surement avec un fort accent ) était incompris 




Nous quittons san Pédro,et le bus poulailler nous emmène à Quetzaltenango apellée aussi Xela en Quiché   (shé-la) 
Les principaux habitants sont les Mayas Quiché

XELA. Son architecture assez austère (elle fut occupée par les allemands après les espagnols ) ne lui confère pas le titre de plus belle ville du pays mais elle a la particularité de centraliser de très nombreux  projets de bénévolats.Sa prospérité est dûe en partie au commerce du café laquelle est bien sur très fluctuante selon les cours .
Xela est aussi le point de découverte de nombreuses randonnées dans les volcans,nous mettrons notre dévolu sur le mirador pour admirer le Santiguito culminant à 2488m.

Départ 6H30  vers le village de Llanos del Pinal à 5kms de Xela mais 20 mns au moins en bus .

le point de départ se situe à la sortie du village vers un chemin qui mène à la montagne.Le tracé est relativement bien repérable mais nous demanderons souvent aux paysans,ce sera l'objet de palabres,  le chemin qui mène au mirador pour ne pas bifurquer vers celui qui mène au volcan Santa Maria,plus long et plus pentu.
L'ascension fut magnifique,entre agaves ,Arums, orchis,et autres épiphytes  mais une fois arrivés au mirador, on ne voyait rien, pas la plus petite fumerolle du Santiguito,pas le plus petit roulement de basalte.Le vieux propriétaire Maya de ce petit bout de champ nommé le mirador gravit cette montée bien après nous pour réclamer son dû de 10Q/P (1,30€) .Si l'on prend un guide le prix d'entrée au mirador est inclus.Comme nous y allons en solo, nous nous acquittons sans problème du paiement. 3 VTTistes ladinos (profs de fac,restaurateurs, étudiants) arrivés  peu de temps après nous, ne l'entendront pas de même et s'ensuivra des discussions à n'en plus finir: l'un revendiquant son titre de propriété,son rôle de gardien de propreté , les autres estimant que le spectacle est à tout le monde et qu'en plus on ne voit rien aujourd’hui and so on.

vers le mirador 



vers le mirador 


vers le mirador sacrée brume


vers le mirador 


vers le mirador 

vers le mirador 

Oui, il fait froid dans ces contrées,le bois sert au chauffage, à la cuisine et pour le sauna maya (chuj) que l'on verra plus bas










De Xela nous irons faire faire un saut vers Zunil,petit village avec un gros marché  de légumes et fruits ou des jeunes gamins et adultes portent sur leur échines courbées des sacs de radis, carottes, avocats pommes de terre de 50 kgs et + qui partiront à travers le pays et à l'exportation. Ça donne l'impression d'être le grenier du Guatémala.




église de Zunil






Retour à Xela et départ pour Todos Santos

4h de bus pour  90 Kms , comme il y avait des manifestations à Héhuéténango,le bus poulailler a pris une route caillouteuse,dans la montagne pour contourner la ville 1H de plus mais bon...on est pas pressé, et il y a souvent une ambiance marrante dans ces bus.

De la gare routiere de Huéhué nous trouvons rapidement une camionnette pour Todos Santos.

Todos Santos Cuchumatan


Todos santos est connu pour sa fête endiablée du 1er Novembre qui n'est, non pas la fête  des morts (ils le fêtent le 2) mais la commémoration de l'indépendance de la province de Huéhuéténango.

C'est l'occasion pour les Todosantéros de monter à cheval et de cavaler aussi vite que le nombre de verres d'aguardiente( alcool de canne à sucre) le leurs permettent=> Ils ne tiennent pas longtemps sur leurs canassons.
Nous n'avons pas assisté à cette fête,nous sommes venus quelques jours après, le calme une fois  revenu. Il y a des tas de blogs sur cet événement et des photos assez marrantes que vous trouverez facilement sur le net.



Ici vivent les Mayas Mam, aux traditions bien ancrées.Ils portent tous, enfants, ados et adultes leurs habits colorés et faits main.Les hommes souvent tissent eux mêmes leurs habits et les femmes brodent les cols des chemises.


Todos los santos
 

 


Ce n'est pas du tout un retour aux valeurs et traditions, c'est une perpétuation de la culture Maya 
Je mets entre guillemets  une partie de thèse qui a été partagée sur le net  et qui l'explique bien 

""Chaque communauté maya des hautes terres possédait un style unique de vêtement et une façon spécifique de parler, pratiquait une endogamie villageoise et maintenait une vie cérémonielle riche rythmée par les anciens calendriers mayas et le culte communautaire des saints catholiques. En d’autres termes, la culture et l’identité mayas avaient résisté, au niveau local tout au moins, aux fortes pressions de l’acculturation qu’exerçaient sur elles le système de la plantation et la société 
Bien au contraire, ces études montrent que les peuples indigènes ont plutôt eu tendance à réaffirmer leur identité ethnique native et leurs traditions culturelles comme un mécanisme de défense face à la perte significative de grandes surfaces de terres communales et à la transformation d’un grand nombre de personnes en un prolétariat rural saisonnier au service des grandes exploitations agricoles""



Nous partons explorer le sommet : la torré (3800 m) et rando sympa à partir du village de la Ventoza en redescendant jusqu'à Todos S
Todos Santos.maisons traditionnelles aux toits de bois








Todos Santos 

Todos Santos 

Todos Santos 

Vue depuis la Torré 3800 m





La Torré est le sommet non volcanique le plus haut de l’Amérique centrale 

Arrivés en haut, nous avons la surprise de voir une petite maison chauffée au feu de bois avec des panneaux solaires et un jeune qui coud ses pantalons rayés avec sa machine à coudre ...A 3800 m d'altitude !

EntreTodos Santos et la ventoza

 La Cordillère des Cuchumatanes est la région non-volcanique la plus haute de toute l'Amérique Centrale. 
L'origine du mot Cuchuman est diverse: L'on dit que cela viendrait des termes Mam : "cuchuj" (réunir) et "matán" (par la force) qui probablement donnèrent origine à son nom.
Entre 500 et 3 800 mètres d'altitude, on y trouve une grande variété de climats, d'ecosystèmes et de diversité agricole qui donne à cette région la "plus grande diversité biologique du pays" (source : ONAP). 
L'agriculture constitue la base productive principale. Mais, Haricot noir ,blé , Rose de Jamaique,  pommes de terre sur les sommets de Chiantla,  cardamome et café .
Les moutons sont une caractéristique des régions hautes depuis l'époque coloniale.  

Quelques maisons plus riches et neuves arborent le drapeau américain: signe que leurs occupants travaillent aux USA et rentrent pour les vacances
Todos Santos
Todos Santos
Fête foraine à Todos Santos

En descendant vers Todos Santos depuis la Ventoza


Fils à tisser



Chuj ou sauna Mam


Il faut se baisser fort pour y rentrer, mais une fois à l'intrieur c'est un sauna avec des pierres chauffées et l'on s'arrose  alternativement avec de l'eau fraiche et chaude  dans des bassines mises à disposition.c'est tout petit: places pour 2 voire 3








Voilà un petit tour d'horizon à travers le Guatémala,c'est un pays surprenant, contrasté,parfois austère, parfois enjoué,mais comme partout depuis notre départ, nous sommes frappés par la gentillesse,la curiosité ,la disponibilité des gens qui n'hésitent pas à nous accompagner,qui aiment à discuter: les 1eres questions portent souvent sur nos prénoms, nos ages, le métier que l'on exerce,et si l'on est marié.Cette gentillesse alliée à tant de pauvreté nous interroge sur nos façons à nous occidentaux d'accueillir les étrangers et également sur ce que nous leur aportons.
C'est un pays très attachant,et intéressant à tous points de vue,mais il est difficile de voyager sans se poser la question de la  réelle opportunité du tourisme.S'il semble évident que ce soit un moteur de développement,le tourisme, par une sur consommation saisonnière peut déséquilibrer les productions vivrières, augmenter la consommation d'eau et perturber les relations sociales et culturelles des régions visitées en les amalgamant .


Lorraine  >(((((°>