Haíti,l''ile a vache/ Mai 18

Haíti,l''ile a vache/ Mai 18 

10H 30 Mardi 24 Avril 2018,St Martin : quelques petits tours auprès des bateaux connus pour dire au revoir , bonne nav' et cap sur Haïti, précisément l'ile à vache

On longera par le sud Ste Croix, Porto Rico et la république Dominicaine.
la lune est là, fidèle, au rendez vous du coucher du soleil ,grossissant chaque jour un peu plus  et nous accompagne jusqu'à 3h du mat'.Nous ne sommes pas seuls sur l'eau, parfois un oiseau vient se reposer sur le panneau solaire, se déchargeant des fientes de la semaine. Les noces triomphales de la lune et l'océan projettent une nappe éblouissante ponctuées de petites crêtes d'écume
Aucun voilier aperçus, quelques cargos nous croisent que je ramasse dans le viseur du compas de relèvement, le temps de discerner leur direction et parfois leur vitesse.

 A la VHF aucun ne répondra malgré nos demandes de météo ,par contre un après midi, un avion genre foker passe suffisamment près de Ré'vad pour que je leur fasse des coucous de la main que l'avion a dû prendre pour un appel de détresse :dans mon élan, j’avais oublié que seule une main balayant le ciel indique "tout va bien" mais que les 2 bras se croisant dans un élan fraternel vers le ciel signifie, "y a un problème," l'avion a contourné par 3 fois le bateau, virant sur son aile en se penchant et moi m'enthousiasmant de ce regain d'intérêt ,je réitérai mes gestes désordonnés ! .

Enfin après 640 Miles , 6 nuits et 6 jours de navigation, avec un vent portant de 10 à 20 nœuds, sous génois tangonné, 3 ris à la grand voile, juste pour le stabiliser ou geenaker seul ,nous atteignons l'ile à vache ,petite ile de 14 kms d'Est en Ouest au sud d'Haïti.

















Arrivée à 7H30 à Caille Coq, petit village aux maisons de couleurs, dont les murs festonnés de grosses pierres blanches et rondes provenant des falaises de l’ile forment l’appareil architectural .
Oups 2 voiliers seulement sur ancre dans la baie. C’est ok pour nous, un nous suffisait pour nous rassurer sur la tranquillité du lieu. On jette la pioche.



bateau pays




1 , 2 puis 4 et 5 « bois fouillés » pirogues en bois taillés dans du manguier entourent Ré’vad, ca cogne un peu partout sur la coque en alu, mais bon, c’est solide l’alu, ça encaisse bien..Chaque enfant ou ado proposent leurs services : nous accompagner au marché, frotter l’inox, nettoyer la coque, faire des lessives, remplir des bouteilles d’eau ou vendre des mangues, bananes, les plus grands ou les adultes demandent si l’on a pas des voiles, des bouts, des hameçons..on a tout ça sauf des voiles et l’on troquera, donnera, échangera avec eux
Ici on paye soit en $ US ou ou gourdes. En 2018 1 € = 60 gourdes

Avant de partir, nous avions demandé au shipchandler de St martin coté français, ce qu’il voulait bien  donner à Haïti : on a récolté des pots de peinture bi composantes, des casquettes et en faisant le tour des voiliers, certains nous ont donné pour eux, des cahiers, stylos, feutres, habits pour enfants, cirés complets, échantillons de crèmes, dentifrices, savons etc plus ce que nous avions mis de coté qui étaient en double sur le bateau type garcettes, bouts, fil de nylon, hameçons, livres, masques et tubas, casquettes…et on a fait du potlatch : Echanger des fruits contre du matériel, des langoustes contre des cirés, donné les bouquins et crayons à l’école , filé la peinture et cirés à l’association des pêcheurs, bref on a bien allégé le bateau .

le troc



Le soir ,le village vit au son des dominos frappés lourdement sur les tables en bois, on a mouillé assez pres des maisons en rivage et on  entend du bateau , des rires  et éclats de voix des hommes que domine parfois la musique  diffusée par la radio.
Ici sur l'ile à vache pas de route mais des chemins qu'empruntent les insulaires et les ânes chevauchés en amazone  par les enfants avec une grosse caisse accrochée à  un des bas flanc et supportant soit des sacs de riz, soit du charbon de bois .Les jeunes adultes circulent sur des 125 rafistolées mais solides vu le traitement qu'ils font subir parfois à 4 sur le siège .
Il n'y a pas d'électricité ,la plupart ont des  lampes à pétrole et les plus nantis un panneau solaire .

Pour nous, un village sans routes, sans voitures ,sans néons le soir représente un havre de paix, voire de l'exotisme .Ceux qui y vivent ont sans doute d'autres aspirations. Les jeunes ont les mêmes rêves que n’importe quel jeune connecté dans le monde : voyager, avoir un Iphone dernière génération, un bon job qui rapporte, des belles fringues:
 L’aéroport sera construit d’ici 1 an ainsi que la nouvelle route qui reliera Caille Coq au village de Madame Bernard et à l'aéroport. Certains espèrent une qualité de vie meilleure grâce aux tourisme, encore faut il avoir assez d’argent pour proposer un service type pick up pour amener les touristes de l’aéroport aux hôtels, d’autres semblent désabusés, voire fatalistes..A combien d’habitants cela profitera vraiment ?Tout changement est suspect. Les jeunes adultes veulent mettre de coté des $ pour partir au Chili y travailler et subvenir aux besoins de la famille, construire une maison solide.

Entre temps nous profitons de l’offre d’Antoine Denest pour nous emmener à bord de sa moto 125 de marque chinoise à 3 dessus sans casque ni permis, ni assurance pour faire la visite vers la nouvelle route qui se construit et qui reliera Caille Coq au village de Madame Bernard  vers l’aéroport.la « route » est encore un chemin raviné par endroit ,mais élargi par les bulldozers tout neufs .Antoine conduit bien et prudemment. On ne sera jamais éjecté de la moto.

 La campagne est belle, les arbres sont chargés de fruits , on croise des regards parfois souriants, parfois très fermés ,souvent scrutateurs, et on évite de prendre des photos sans leur permission, certains refuseront, probablement par dignité : ne pas filmer la misère
Ne faisons pas d’angélisme même si les habitants de l'ile à vache sont gentils, avec nos voiliers qui ne servent qu'a la plaisance, et en plus avec tout ce que nous avons amené, nous représentons l'opulence, l'abondance de biens de consommation dont il leur semble naturel qu'on leur fasse profiter.
A leur place, nous réagirions probablement de même.
 La confrontation avec nos modes de vie leur renvoie en boomerang leur propre dénuement. Ils vivent avec très peu de moyens et ont besoin de tout matériel : pêche, cordage, bouts, garcettes, nylon, hameçon, peinture, masques et tubas..

Un petit mot sur la clearance. Si vous restez plus d'une semaine, et que vous voulez être en règle avec l’immigration , un conseil : Aller directement vous-même au village "Les Cayes" de l'autre coté sur le continent: des barques à moteur font régulièrement la navette, mais vous n'avez rien à payer sur l'ile même. Si vous posez la question de la clearance on vous amènera direct chez faux "capitaine du port" au bon bagout et sans légitimité aucune qui empochera vos 10 € + bakchich en vous refilant un papier bidon en faisant croire que comme ça vous êtes en règle ! Il a travaillé autrefois pour l’immigration mais c'est terminé depuis un bon paquet d’années, malgré cela il continue son petit business pour les crédules. Bah! 



Voilà, de l’le à vache en Haïti , nous gardons un souvenir assez ému, nous nous sommes posés beaucoup  de questions sur l’attitude à adopter, comment donner sans froisser, sans assister…
Troquer, échanger a permis un autre regard parfois, mais on a la plupart  du temps bricolé avec notre conscience.

Merci au magasin d’accastillage « ile Marine » de st Martín pour les dons de pots de peinture et casquettes
Merci à Catherine et René du voilier Trisbal IO,
À Gérard et Cathy du voilier Vulcain »Cyrano »
À Philippe et Nicole d’Odysséa 
À Pascal et Lorraine du Tokay « Ré’vad :-]
Pour tout ce qu’ils ont filé et ameliorer un peu le quotidien des haïtiens de l'ile a vache.

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Un des menuisiers du village.Tout est fait a la main: tenons 
Lorraine    >(((((°>













Antigua, St Barth et St martin/ Avril 18/ By Pascal

Antigua, St Barth et St martin/ Avril 18/ By Pascal

Iguane


Ola :

Un mois s’est déjà écoulé depuis notre belle escale à Marie-galante la paisible
Après un retour rapide à Pointe à Pitre pour récupérer mon beau passeport tout neuf, nous avons mis le cap sur les Saintes, délaissant le mouillage du bourg infesté de bouées payantes, nous avons jeté la pioche dans la baie du Marigot, ne le répétez pas mais nous étions 3 bateaux au mouillage puis tout seul, quelques langoustes ont eu la malchance de croiser notre route, et deux épaves plantées au fond de la baie m’ont permis de reremplir ma boite de serflex…
Puis cap sur Deshaies ,tout au nord de la Guadeloupe, en faisant un stop à l’ile pigeon pour une belle ballade sous marine dans la réserve Cousteau, comme son nom l’indique on regarde mais on ne tire pas…


Le 2 Avril, sus aux Anglais et traversée jusqu’à English harbour,le repaire du pote Nelson que l’on avait pas revu depuis Trafalgar
Tu veux voir du beau bateau ? va à Antigua :quelle débauche de vieux gréement ,de bêtes de course, de pont en teck, de winchs taille XXXXL, de mats gigantesques…

Mais Antigua c’est aussi les très beaux mouillages de bird island que l’on atteint après quelques slaloms au milieu des cayes, dans ces cas là, Lorraine est à la nav et je suis à la barre, essayant de confirmer par la vue ce que me dit ma Doudou depuis la table à cartes, parfois on sert les fesses !!!







st John's 


STONY HORN


Dimanche 8 avril  nous mettons le cap vers St Martin, cela fait plus de trois mois que l’on n’a pas passé une nuit en mer, et c’est bon de retrouver le ciel étoilé, le rythme des quarts et Révad qui fonçe dans le noir..

Nous ferons une halte rapide à St Barth, mais vraiment ça pue trop le fric :le plus dingue :le Yacht « Le Grand Bleu »rien que le vingtième plus grand au monde,113 mètres de long, deux pistes d’hélicos, avec sur le pont un voilier de 22 mètres sur son ber jouxtant une vedette de la même taille ;ce sont les »sea-toys »du proprio, comme dirait ma chère maman :ça doit être soit un trafiquant soit un proxénète !!!



Après cette overdose de millions d’euros nous irons nous ressourcer à l’ile fourchue, complètement déserte, royaume des oiseaux, iguanes et « têtes de turcs »



ILE FOURCHUE



















Nous sommes donc le 22  avril et depuis une semaine mouillé devant Marigot à St Martin
C’est  moche, tout a été bousillé par le cyclone Irma ,plein de bâtiments sont explosés, le lagon est plein d’épaves :mille bateaux coulés…
Mais, mais, il y a un hyper U et c’est le dernier endroit pour trouver du rouge et du claquos..
C’est aussi ici que nous quitterons nos potes de IO, d’ODYSSEA de GIPSIAN qui mettront bientôt le cap vers les Açores pour continuer avec Balthazar vers Haïti, Cuba et le Guatemala
Départ prévu mardi pour 6 jours de mer jusqu’à l’ile à vache en Haïti

Let’s go Révad…

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Marie Galante l'ile galette/Mars 18

Marie Galante l'ile galette/Mars 18



Etrange Marie Galante qui nous parait si endormie au 1er coup d'oeil en débarquant de l'annexe à Saint Louis.
Les commerces sont fermés et il est 17H30 un vendredi
Apres l'effervescence de Gosier, l’indolence de Marie Galante est appréciable. Ici le village se réveille au rythme du flot des touristes qui s'échappent des vedettes arrivant de Guadeloupe; la boutique de location de vélos ,scooters et voitures ouvre un œil pour proposer ses services et les quelques bars mettent quelques watts pour indiquer leur existence.

Samedi nous sortons les vélos de Ré'vad, gonflons les pneus et hop les mettons dans l'annexe pour un petit tour sur cette ile surnommée « la galette »Ceux qui l’ont affublée d’un tel nom ne l’ont pas parcouru en vélo !
En fait de petit tour ce fut un bon grand tour à 3 reprises par l’est, Nord ,et le centre de St Louis :Moustique/Agapy/Gueule grand gouffre/les coqs/ Ribourgeon/ Mayoumbé/ Guigues/ mayolette/Grelin/Joséphine/le petit trou du diable/Desmarais/fonf lolo/St Louis. Comment ne pas rêver avec ces noms à la toponymie si évocatrice!



Si ça c'est pas d'la poésie...




A tous nous conseillons de visiter l'ile en vélo, c'est le meilleur moyen de faire connaissance, d'aborder les habitants de manière la moins intrusive possible=> pas de bruit, le temps pour nous, pour vous de s'imprégner dans cette ruralité qui fleure bon les senteurs de fleurs d'acacias qui commencent juste à s'ouvrir, les manguiers, genêts ,à cela s'ajoute l'odeur de la canne fraichement coupée et vous avez la tête en folie.
Des que l'on laissait reposer nos vélos, nos muscles et nos cœurs après une bonne grimpette, les habitants nous abordaient pour nous demander si l'on était perdus, si l'on avait besoin de quelque chose, nous avons pu demander à 2 reprises de l'eau fraiche qui nous a été donnée avec le sourire et la vraie gentillesse , de celle qui ne demande rien en échange




Pédaler en 2 ième de peloton en forte montée , c’est voir les muscles des  mollets de mon compagnon se gonfler sous l’effort, ses tendons , s’étirer ,se relâcher et ses veines saillir et se tendre comme des amarres par fort vent,le regard vrillé aux saillies ,je colle au plus près possible pour résister à la tentation de descendre du vélo et marcher à coté de mon bicycle comme deux bons compères qui discutent des petits riens de la vie,alors je grimpe en pédalant à ce que la suée me tombe sur les yeux et me brouille la vue, en restant vigilante à cause des nids de poule: Je porte dans mon sac à dos sept tout petits œufs frais achetés à une vieille dame qui a dû confondre les francs et les euros, mais on a pas osé rectifier, les poules couraient partout sur la terrasse ,se chamaillant pour quelques graines, la dame était très vieille et tres gentille et me rapellait les jolies illustrations de nos livres d'enfants et puis zut, elle nous avait offert de sa bonne eau et nous avons papoté en créole pour elle ,en sabir franco créole pour nous. La relation humaine valait bien ces œufs d’or.




En descendant sur grande Anse, nous avons croisé le dernier char à bœufs transportant la canne fraichement coupée vers la sucrerie .Ce sont aussi les derniers à couper la canne à la main. La fierté se lisait sur leurs visages en nous livrant leur volonté de respecter la canne qui résiste beaucoup mieux que celle coupée de manière mécanique et qui les rétribue de 6 ou 7 repousses dans leur vie de graminées quand les autres s’éteignent au bout de 4 ans traumatisées par la fureur des machines .
Nous sommes restés à MG une semaine avec une belle reconnaissance à cette ile idyllique de nous apprendre à vivre au rythme tranquille de ses habitants et en plus sa baie nous à offert 2 belles langoustes  




Un possible amour en symbiose!


Ré'vad sous spi...2 h

Apres MG ,cap sur Petite terre, à 17 Milles de là, dommage vent dans le pif, on a tiré un bon bord pour nous en rapprocher et il aurait fallu en tirer un autre pour rentrer dans la passe en ne sachant aucunement si une bouée était libre car les mouillages sont désormais interdits. Pff on abat et Cap sur St Francois sur la cote Sud de grande terre en prenant le chenal très étroit qui amène au mouillage protégé par la barrière de corail, mais ce « havre » est un véritable piège pour en sortir si le vent et la houle forcissent.
Puis ce sera l'archipel des Saintes dans l'anse Marigot ou nous serons seuls, tous les voiliers s'entassant dans la baie proche du village

Bientôt Antigua, Barbuda

Tchao les amis à bientôt
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La Soufrière

La Soufrière
iguane

Merci Dr Nicole de tes bons soins

Lorraine  >(((((°>