Les 4 jours gras en Martinique/Fev 18

 Les 4 jours gras en Martinique/Fev 18


Le Carnaval ne se résume pas aux 4 jours de vidé (grosse fête ou l'on danse et saute),aux démonstrations de costumes et travestissements sur fond de dénonciations, moqueries et revendications pour embraser le dernier jour le roi Vaval mais se prépare sur 2 mois entre l'épiphanie et le mercredi des cendres.


Dress code :Dimanche multicolore.
Nous aussi on veut faire la fête alors on s'habille avec ce qui nous tombe sous la main du moment que c'est coloré. Pascal arbore fièrement une crête iroquoise multicolore et moi un chapeau rouge vif satiné, nos teeshirts les plus criards enfilés par dessus nos éternels shorts de mer et nous voila partis le sourire en banane à la rencontre de Vaval ,le roi du carnaval à l'effigie cette année d' Alfred Marie Jeanne ,personnage politique tourné en dérision sur le thème du tramway dont la mise en œuvre n'a toujours pas démarré. Le carnaval est un super exutoire et permet de mettre en avant ce qui ne va pas et dire tout haut ce que chacun pense tout bas sans risque, puisque maquillé par le collectif.








 C'est un moment de lâcher prise incroyable autour de thèmes chers à la Martinique        
*l'écologie avec des groupes de danseurs musiciens vêtus de bouteilles recyclées,
*l'Afrique: berceau de l'humanité,
*la solidarité avec la Dominique éprouvée par le cyclone Maria
* la politique, avec la loi travail ; Trump et ses tweets aberrants  ; la crise économique, les thèmes sociétaux :balance ton porc, l’insécurité etc

Trump tenant sa pancarte sur les migrants




Lundi code couleur : Blanc c’est le mariage burlesque, tout est inversé : les hommes sont déguisés en femmes et inversement,ou simplement en blanc mais tulle obligé













Mardi code couleur Rouge tout le monde en diables rouges






ça c'est du sirop de canne enduit sur les corps et ça sent bon







 Tout y passe dans une joyeuse ambiance et une autodérision qui inclut bien la réalité quotidienne.
Beaucoup de chants en créole dont un "Laetitia" répété en boucle, scandé par les caisses claires et tambours .Comme on ne comprenait rien, on a fini par demander: mais c'est qui cette Laetitia?  et on nous a raconté la triste histoire réelle et récente de cette jeune femme partie 4 jours sans prévenir de son domicile en laissant ses 2 enfants chez sa mère. La famille affolée la cherche partout, la presse s'en mêle, bref tout le monde la recherche et chacun craint le pire.
Mais la voila qui revient la bouche en cœur chez elle après 4 jours de vadrouille entre boites de nuit et errance s'en se rendre compte le moins du monde de la panique occasionnée. Cette chanson en forme de moquerie est un rappel aux normes de conduite attendue d’une mère=> le coup est rude sur le bec. On ne parle pas du père absent depuis toujours mais, qui lui, évite les quolibets….


Mercredi code noir et blanc,on sacrifie le roi Vaval et les pleureuses, et les pleureurs semblent inconsolables



Vaval et son tramway
TOUT MOUN SANBLE POU BA VAVAL AN CHANS!

 Le mercredi des cendres au soir c'est le bal Chawa sur la place savane : zouk, samba, merengué.
C'est la fiesta !On danse en écrasant les pieds des autres!

Le jeudi les rues étaient nickel propres, les déguisements relégués au placard et chacun reprend son boulot, s'il en a un ou ses études.
A bientôt les amis, demain départ pour la Dominique, Portsmouth vraisemblablement

Lorraine  >(((((°>




Barbade à Martinique/Fev 18

Barbade à Martinique/Fev 18

photo JB d'Oneiros


Déjà plus d’un 1 mois que nous sommes arrivés de l’autre coté de l’atlantique. Aucun exploit réalisé, juste la satisfaction de l’avoir fait , sans honneur ni panache, comme une évidence à accomplir si l’on veut parcourir les iles des caraïbes et s’en aller faire un tour vers l’Amérique centrale ou plus au nord vers les Bahamas,Cuba, Haiti et remonter plus haut encore .
L’arrivée à la Barbade était motivée par la curiosité et parce qu’il y a une ambassade américaine

Temps de pause : 10 jours à la Barbade, le temps de faire quelques jolies balades sur la cote Est de l’ile et nous démener comme des petits diables pour tenter d’avoir les visas d’entrée aux usa par l’ambassade américaine à Bridgetown et… finalement s’en retourner bredouilles ,le rv étant à plus d’un mois. Nous maintenons pour le moment ce beau projet de remonter par la Floride jusqu’en Gaspésie d’où le besoin de visas .
Pour rentrer aux USA , tout est simple lorsqu’on arrive en ferry ou en avion(non privé)on vous remet l’Esta avec les billets. Par contre, l’arrivée en voilier génère tout un tas de complications car les dates d’entrée et sortie du territoire américain sont inconnues. Il faut remplir un formulaire informatisé  B1B2 avec photos adaptées, payer 360 $ pour nous 2 et passer un entretien plutôt long à ce qu’il parait, ensuite attendre et si c’est positif ,les visas nous sont remis 5 à 7 jours plus tard. Mais c’est le sésame pour se présenter aux portes des USA durant 10 ans et naviguer sur les cotes, les canaux, les lacs.
Pour nous l’attente est trop longue et nous préférons partir vers les Antilles et tenter un nouveau Rv  à l’ambassade américaine de Nassau aux Bahamas.

bain quotidien

côte Est

côte Est

côte Est

côte Est Barbade


!




la Barbade :la seule île des Antilles que les Français ne se sont jamais disputés avec les Anglais est dépourvue de volcan et la plus orientale des caraïbes, croissance en hausse, un PIB qui en fait le 4ieme pays le plus riche de la zone Amérique latine/Caraïbes grace notamment à son tourisme de luxe, ses banques offshore et une petite production de rhum. Voilà pour un topo bien succint.
Curieuse Barbade mitigée de modernisme et d’archaïsme. A Bridgetown ,l’on croise des hommes et femmes affairés, le cellulaire rivé aux oreilles marchant vite et parlant fort, de ceux qui traitent de grosses affaires et à l’opposé les formalités obligatoires de douane, santé, immigration et police en arrivant se rédigent à la main, en 4 exemplaires dans chaque bureau avec une demie feuille de papier carbone que l’on déplace pour atteindre le format A4 et seront reportés sur de grands cahiers par les agents administratifs. C’est un peu fastidieux, certes mais largement compensé par la gentillesse des Barbadiens. 😏

Bridgetown photo JB

Bridgetown photo JB

Bridgetown photo JB
 A bridgetown ,la capitale à l’architecture coloniale britannique, retentissent les cloches en mode Big ben de la petite église, les rues principales offrent un spectacle des mêmes chaines commerciales que l’on trouve outre atlantique et magasins de luxe détaxés pour touristes américains et anglais essentiellement .il faut sortir de ces rues encombrées de chalands pour découvrir l’âme de Bridegtown ,ces petites maisons de toits en tôle, ces gargotes et bars peu éclairés et ces rues rarement asphaltées, souvent terreuses, terrain de jeu des enfants et des poules
Bridgetown photo JB

photo JB














Bridgetown photo JB 



Apres la Barbade vient la Martinique, 115 Miles (210Kms) les séparent : 22H de navigation et nous fidélisons nos 5 nœuds de moyenne. Nous arriverons pile pour que Ste Anne nous baptise sous un gros grain
Yole

cote au vent:Le cul de sac des Anglais

peace and love

côte au vent


L’anse de Sta Anne/caritan regorgent de voiliers, on se croirait dans un parking, c’est assez oppressant et puis nous arrivons à nous faufiler à la petite anse de Caritan. nous y retrouverons nos amis des voiliers O’kam (un outremer 40) et Oneiros (Chattam 33).
Nous en ressortons quelques jours plus tard pour un petit tour sur la cote au vent, à naviguer entre les cayes(coraux),à slalomer entre des casiers à peine balisés par un flotteur à ras de l’eau et éviter si l’on peut de prendre le bout dans l’hélice, bien souqué autour de l’arbre. Ambiance serrage de fesses.
Enfin pénétrer dans des anses très protégées de la houle d’atlantique par la barrière de corail et la configuration en dentelle de la cote. Là peu de voiliers s’aventurent dans ces parages, car la navigation approximative peut être dangereuse, pourtant c’est magnifique et l’on est bien tranquille.
Mais encore une fois, il nous faut partir et nos projets divergent de ceux qu’ont nos amis, nous les quittons donc après une belle soirée partagée et arrosée sur la plage de caritan et nous levons l’ancre vers le Nord tandis qu’eux partent vers le Sud. Certaines rencontres sont fortes, rapidement complices, une façon analogue d’appréhender la vie, une sorte de bien être qui pousse à l’abandon, aux partages de discussions ouvertes et sans jugement, bref une belle partition , un bel accord de notes. Le Poulpe, Oneiros, O’kam : Belle nav’ à vous, le monde des bateaux qui naviguent n’est pas si grand !
côte au vent mais en vélo

côte au vent mais protégée dans les anses,en voilier cette fois

côte au vent caye caye!







D’autres rencontres se déclinent sur le mode de la curiosité et l’apprentissage. le grand Duc un voilier de 13 mètres chevauché par un couple > de 70 ans qui ont roulé leur bosse depuis 40 ans ,parcouru 400 000 Miles en 4 tours du monde, Panama à l’Alaska sans escale ,la Tasmanie ,la mer de Cortes => Chapeau bas ! ils ont rencontré et initié Moitessier à la guitare, toute une époque…ils sont venus à notre rencontre, enfin plutôt à la rencontre de Ré’vad qu’ils supposaient (bien) être un plan Harlé,et ce petit bateau jaune au sourire noir en banane les amusait. Nous nous sentons comme des débutants à leur contact. Eux repartent vers le labrador => direct… peut être les retrouverons nous plus bas vers la Gaspésie, peut être pas.Ils nous ont passé sur clé leur bouquin et l’on se régale à le lire.
La banane






Tests d'oursins

Dieu commande


côte au vent: l'ilet aux rats


O'kam et Ré'vad



Bout de trace au GPS


le diamant

St Pierre


La même pub avec une femme en offrande =>ouille! mais là ça passe mieux, bizarrement !! L'histoire n'est pas la même !
Pub sur un canard martiniquais


canal de beauregard ou canal des esclaves



Pour le moment nous randonnons dans cette belle Martinique avant de remettre les voiles vers la Dominique, ile dévastée par Maria , ce cyclone qui ne l’a pas épargné. D’après les rares voileux qui y sont passé, la Dominique a besoin de tout un tas de trucs pour se reconstruire (chaussures, clous, fruits, légumes qui manquent cruellement car le vent violent à étêté tous les arbres et cultures et maisons. Nous irons donc apporter notre maigre contribution.

Psychose et Paranoia => pas vraiment des copines!

- les iles vénézuéliennes : ca craint: beaucoup de pirates même à 50 Miles des côtes! 
-Ah bon?
-Et la Dominique?
-Nan, faut pas y aller, ils n'ont plus rien, ca craint!
-Ah bon?
- Au contraire, ils n'ont plus rien, le cyclone Maria a tout dévasté,  ils sont super contents si les  touristes reviennent , c'est complètement sécure! faut y aller!
-Ah bon?
Et Bélize? St Vincent?le Honduras?
-oh la la non! untel s'est fait dépouiller, et il parait qu'un autre bateau..

Radio ponton fonctionne aussi vite et en vrac qu'un cyclone, difficile de prendre le recul nécessaire quand des infos souvent contradictoires d'agression de voiliers (souvent à plusieurs Miles des cotes) ,piratage ,vols, arrivent en trombe à nos oreilles..
le mieux est de vérifier sur les sites gouvernementaux genre Noonsite et autres et faire son tri et puis se laisser guider par son 6ieme sens en espérant qu'il n'est pas trop faillible.

A plus les ami(e)s

Lorraine  >(((((°>